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Calcul de la rentabilité locative : brute, nette et nette-nette

Calcul de la rentabilité d’un investissement locatif

La rentabilité locative mesure ce que votre investissement vous rapporte chaque année, en pourcentage du prix payé. Le piège : le chiffre affiché dans les annonces est toujours la rentabilité brute, la plus flatteuse. Une fois les charges et les impôts déduits, un rendement annoncé à 7 % peut tomber à 3,5 %. Voici comment calculer la vraie rentabilité, étape par étape, avec un exemple chiffré.

Rentabilité brute : le calcul de base

La rentabilité brute rapporte le loyer annuel au prix d’achat total (frais inclus). C’est un premier tri rapide, mais elle ignore toutes les dépenses.

Formule : (loyer mensuel × 12) ÷ prix d’achat total × 100.
Exemple : un studio à 100 000 € loué 550 €/mois → (550 × 12) ÷ 100 000 × 100 = 6,6 % brut.

Astuce : intégrez dès ce stade les frais de notaire et les éventuels travaux dans le « prix d’achat total ». Beaucoup surestiment leur rendement en les oubliant. Pour ne pas surpayer au départ, mieux vaut d’ailleurs bien estimer le prix d’achat avant de faire une offre.

Rentabilité nette : après les charges

La rentabilité nette (dite « nette de charges ») déduit toutes les dépenses annuelles liées au bien. C’est déjà beaucoup plus proche de la réalité. À retirer du loyer annuel :

  • La taxe foncière
  • Les charges de copropriété non récupérables
  • L’assurance propriétaire non occupant (PNO) et l’assurance loyers impayés
  • Les frais de gestion locative (si vous déléguez)
  • Une provision pour vacance locative et petits travaux
Formule : (loyer annuel − charges annuelles) ÷ prix d’achat total × 100.

Rentabilité nette-nette : après impôts

Dernier étage, le plus souvent négligé : la fiscalité. Selon votre régime (micro-foncier, réel, ou LMNP en meublé), l’impôt sur les loyers change radicalement le résultat final. La rentabilité nette-nette intègre l’impôt sur le revenu foncier et les prélèvements sociaux. C’est le seul chiffre qui reflète ce qui reste vraiment dans votre poche.

Exemple chiffré complet

Reprenons notre studio à 100 000 € (frais inclus), loué 550 €/mois, soit 6 600 € de loyer annuel.

NiveauCalculRentabilité
Brute6 600 ÷ 100 0006,6 %
Nette (−1 900 € de charges)4 700 ÷ 100 0004,7 %
Nette-nette (−1 100 € d’impôts)3 600 ÷ 100 0003,6 %

Le même bien passe de 6,6 % à 3,6 %. C’est cet écart qui sépare un bon dossier d’un investissement décevant — et pourquoi il faut toujours raisonner en net-net.

Quel rendement viser ?

Tout dépend du marché. Dans les grandes métropoles, une rentabilité nette de 3 à 4 % est courante mais s’accompagne d’une valorisation du bien. Dans certaines villes moyennes, on vise 5 à 6 % net. Pour repérer les marchés au bon équilibre rendement / sécurité, voyez notre analyse des villes où viser un bon rendement en 2026. Et n’oubliez pas qu’un bien à rénover peut améliorer sa rentabilité après des travaux de rénovation bien ciblés.

Un rendement brut sert à filtrer. Un rendement net-net sert à décider.

Questions fréquentes

Faut-il inclure les frais de notaire dans le calcul ?

Oui. Ils font partie de votre coût réel d’acquisition. Les ignorer gonfle artificiellement la rentabilité affichée de 6 à 8 %.

La rentabilité nette ou nette-nette : laquelle regarder ?

La nette-nette, car elle seule intègre les impôts. La nette est un bon intermédiaire pour comparer deux biens avant d’entrer dans le détail fiscal.

Un rendement élevé est-il toujours une bonne affaire ?

Non. Un rendement très élevé signale souvent un marché à faible demande locative ou à risque. La sécurité locative compte autant que le pourcentage.

À retenir : brute pour trier, nette pour comparer, nette-nette pour décider. Calculez toujours les trois avant de vous engager — c’est la différence entre un investissement subi et un investissement maîtrisé.