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Vétusté ou dégradation : qui paie quoi en fin de bail

Mur et sol d’un logement examinés lors d’un état des lieux

C'est la question qui met le feu aux poudres en fin de bail : cette peinture fatiguée, cette moquette usée, ce joint noirci, qui doit payer ? Le locataire, accusé d'avoir dégradé, ou le propriétaire, au titre de l'usure normale ? La réponse tient dans un mot que beaucoup ignorent : la vétusté. Comprendre la ligne de partage entre vétusté et dégradation évite la plupart des litiges sur le dépôt de garantie. Voici comment s'y retrouver.

Deux notions à ne pas confondre

  • La vétusté est l'usure normale du logement, celle qui résulte du temps et d'un usage raisonnable. Elle est à la charge du propriétaire : on ne peut pas reprocher au locataire que les choses vieillissent.
  • La dégradation résulte d'un défaut d'entretien ou d'un dommage imputable au locataire. Elle est à sa charge : il doit réparer ou indemniser.
Le critère qui tranche souvent : la durée d'occupation. Plus un locataire est resté longtemps, plus la part de vétusté est importante, et plus il est difficile de lui imputer l'usure des revêtements.

Des exemples concrets

SituationVétusté (propriétaire)Dégradation (locataire)
PeintureTeinte ternie après des annéesMur troué, taches importantes
SolMoquette défraîchie par l'usageMoquette brûlée ou tachée
ÉquipementsUsure normale d'un joint, d'un robinetCasse par mauvais usage

La grille de vétusté, l'outil qui apaise

Pour éviter les débats sans fin, une grille de vétusté peut être annexée au bail. Ce barème prévoit une décote de la valeur des équipements et revêtements selon leur âge. Concrètement, si une dégradation est constatée sur un revêtement déjà ancien, on ne facture pas au locataire une réfection à neuf, mais seulement la part correspondant à sa valeur résiduelle. C'est plus juste, et cela désamorce beaucoup de conflits.

On ne fait pas payer du neuf pour du vieux. La vétusté rappelle qu'un logement vieillit, et que ce vieillissement n'est pas la faute du locataire.

Comment éviter le litige

Tout se joue à l'état des lieux : plus il est précis, daté et photographié à l'entrée comme à la sortie, moins il y a matière à contestation. Une retenue sur le dépôt doit toujours être justifiée par des devis ou factures, et tenir compte de la vétusté. En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation, gratuite, tranche la plupart des cas. Ce sujet est directement lié à la restitution du dépôt de garantie, dont il conditionne le montant.

Questions fréquentes

Quelle différence entre vétusté et dégradation ?

La vétusté est l'usure normale liée au temps, à la charge du propriétaire. La dégradation résulte d'un dommage imputable au locataire, à sa charge. La durée d'occupation pèse dans l'appréciation.

Le propriétaire peut-il facturer la peinture ou la moquette usée ?

Non si l'usure vient du temps et d'un usage normal (vétusté). En revanche, une moquette tachée ou brûlée, un mur troué relèvent de la dégradation, à la charge du locataire.

Qu'est-ce qu'une grille de vétusté ?

Un barème, souvent annexé au bail, qui décote la valeur des équipements selon leur âge. Il permet de calculer la part réellement due par le locataire, sans lui facturer du neuf pour du vieux.

À retenir : vétusté = usure du temps, au propriétaire ; dégradation = dommage du locataire, à sa charge. Une grille de vétusté et un état des lieux photographié règlent l'immense majorité des litiges.

Sources : notion de vétusté et rapports locatifs (loi du 6 juillet 1989), à retrouver sur Service-Public. Informations générales à jour en 2026, à vérifier selon votre bail.